Initialement perçu comme un courant assez marginal, le rap s’est considérablement démocratisé aux cours des dernières années, au point de devenir le plus gros vendeur de disques en France : sur les dix albums s’étant le plus vendus en 2019, 6 d’entre eux appartiennent à des artistes issus de la catégorie « Musique Urbaine » ! Dans ce contexte, les jeunes artistes qui rêvent d’une carrière dans le rap sont de plus en plus nombreux, mais avant de tenter sa chance, il est préférable d’avoir une idée des rouages qui font tourner cette industrie…

Des contrats aux modalités variées

L’aspect administratif n’est certainement pas le plus attractif lorsqu’on évoque une carrière musicale, mais son importance est toutefois déterminante ! « Faire de la musique », n’est pas nécessairement synonyme de « vivre de sa musique », et il est important de garder cette distinction à l’esprit.

Vivre de sa musique signifie qu’on en a fait son métier à part entière, et qu’elle permet de récolter suffisamment d’argent pour en faire sa source principale de revenus. Au même titre que pour n’importe quel métier, l’artiste encadre son activité de manière légale. Il signe donc un contrat, qui détermine entre autres comment il va être rémunéré pour sa musique.

Il existe plusieurs types de contrats possibles dans l’industrie musicale, et certains sont parfois plus avantageux que d’autres.

Un rappeur en début de carrière se voit généralement proposer un contrat de distribution. Il s’agit en quelque sorte d’un contrat de partenariat, qui lie le distributeur avec l’artiste. Concrètement, cela signifie que le distributeur accepte de diffuser les titres produits par l’artiste, que ce soit sur des points de ventes physiques ou sur des plateformes en ligne. En contrepartie, la majorité des frais est à la charge de l’artiste, qui récupère cependant un important pourcentage sur les ventes effectuées. Notamment utilisé par PNL avec la structure Believe, ce type de contrat est parfait pour développer sa notoriété tout en conservant une indépendance artistique.

Le contrat de licence est aujourd’hui un des plus utilisés dans l’industrie musicale, en partie grâce au développement massif de l’autoproduction. Il permet de lier une maison de disque et un artiste. Il travaille donc pour sa maison de disque, et en contrepartie, elle met des fonds à sa disposition pour le soutenir dans ses productions, car une carrière artistique engage de nombreux frais : il faut par exemple financer l’enregistrement et la fabrication physique de son album, le tournage de potentiels clips, sa campagne de promotion… L’appui de la maison de disque permet à l’artiste de régler l’ensemble de ces dépenses. Une somme est préalablement fixée entre eux, et c’est ensuite à l’artiste de gérer la répartition de cette somme.

Enfin, il existe également le « contrat d’artiste ». C’est le second contrat « phare » des maisons de disque, bien que l’explosion du contrat de licence lui fasse de l’ombre depuis quelques années. Un rappeur signant un contrat d’artiste se voit intégralement pris en main par sa maison de disque, car elle met à sa disposition tous les moyens dont il a besoin pour sortir un album. Même si l’autoproduction se développe de plus en plus, certains artistes débutants n’ont pas toujours les contacts nécessaires pour gérer l’enregistrement ou la diffusion de leur album, et l’appui d’une maison de disque représente donc une aide indispensable. En toute logique, une part importante des bénéfices perçus avec un contrat d’artiste revient à la maison de disque.

Quelles procédures suivre avant la sortie d’un album ?

Il est parfois question d’avance de la part de la maison de disque, mais cette pratique est en réalité très fantasmée, et elle est beaucoup moins courante qu’on ne pourrait l’imaginer. Elle concerne surtout les artistes qui bénéficient déjà d’une notoriété conséquente, car la maison de disque prend le risque de prêter une somme, qui sera théoriquement récupérée sur les ventes d’albums. Même si l’album se vend moins bien que prévu, l’artiste est tenu de rembourser cette somme d’argent, au même titre que pour n’importe quel prêt.

Lorsqu’on sort un disque, il est également possible de signer un « contrat d’édition », qui sert à protéger sa musique et ses droits d’auteurs. Avec ce type de contrat, l’artiste cède une partie de ses droits à l’éditeur, qui l’aide à diffuser son travail au maximum. Certaines maisons de disque, comme Sony ou Universal Music, possèdent d’ailleurs leur propre structure d’éditeur. Il existe différentes sortes de contrat d’édition, mais leur objectif global est de permettre une diffusion optimale du disque, pour générer un maximum de droits d’auteurs.

Faire du rap ou de la musique en général peut donc être considéré comme une profession à part entière. Comme pour chaque métier, il existe plusieurs types de contrats et plusieurs modalités de rémunération possible, et il est important d’en avoir connaissance pour pouvoir envisager sa carrière le plus sereinement possible. Pour connaitre toute l’actualité du rap et les opportunités possibles, n’hésitez pas à aller consulter Gentsu !